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Séminaire GSRL du 14-02-2019

 

Fantastique et religion

 

 

Thème et orateur(s) :

 

Le GSRL (UMR 8582) s’est rassemblé à Ivry-sur-Seine pour son second séminaire de l’année 2019, autour du thème Fantastique et religion“. L’après-midi a commencé par un tour de table pour présenter quelques publications et événements de recherche. Sébastien Fath a annoncé la bonne nouvelle de la prolongation de nos CDDs Antoine Vermande (documentation) et Valérie Boulay (gestion), dont le GSRL salue le travail remarquable.Nous avons ensuite écouté Nicolas Meylan (médiéviste, Université de Lausanne), autour du thème : « Classifier les religions, classifier le monde. Le cas du Game of Throne de George Martin ». Son exposé a été suivi par celui de Renaud Rochette (responsable formation/recherche, EPHE-IESR), sur le thème : « Étudier le religieux fictif : approches et problèmes ». Les exposés, très stimulants, ont été suivis d’une reprise effectuée par Vincent Goossaert (EPHE-GSRL), discutant. La salle était pleine, avec quelques absents, dont huit excusés (C.Arminjon, D.Avon, A.Bellio, A-R. de Beaudrap, P-J.Luizard, C.Proeschel, T.Zarcone, V.Zuber).

 

Résumé :

 

Nicolas Meylan a ouvert le ban en rappelant l’impact social colossal de la série Game of Throne (60 millions de volumes vendus pour le moment). S’appuyant surtout sur les livres parus, il a pointé les références historiques de l’auteur, George Martin, et a souligné l’ampleur des interprétations possibles. Il a notamment mentionné l’ouvrage Le trône de fer ou le pouvoir de sang de Stéphane Rolet (Presses Universitaires François Rabelais, 2014). Il pointe, chez George Martin, la visibilité explicite et territorialisée des religions, en l’opposant à sa présence profonde mais implicite dans l’oeuvre de Tolkien (Le Seigneur des anneaux). Quatre systèmes religieux fictionnels, mais vraisemblables, se déploient (cf. principe d’applicabilité qu’on retrouve aussi chez Tolkien). Ils sont associés aux quatre points cardinaux. Une analyse fine et critériée de ces religions permet un travail de typification qui fait ressortir la spécificité positive de la religion du Nord, très peu cléricalisée, qui fait penser à une version fictionnelle et transposée d’un protestantisme idéal… Et si Game of Throne, au-delà de ses aspects transgressifs, cachait une ode portée au modèle WASP ? Renaud Rochette a poursuivi la réflexion en l’élargissant à d’autres oeuvres et d’autres périodes. A partir des matériaux de la Fantasy et de la Science Fiction, il pointe la force heuristique du principe d’estrangement (utilisé notamment par Montesquieu) : l’éloignement géographique ou temporel dissimule un discours directement en phase avec nos sociétés contemporaines. La présence d’éléments religieux, dans ces productions culturelles, répond à des options différentes. Celle choisie par BattleStar Gallactica (série TV de 73 épisodes de Ronald D. Moore) est finalement assez rare: elle transpose dans l’espace la théologie mormone. Plus courant est l’articulation religion/science, dans une perspective marquée par la croyance au progrès et la supériorité de la technologie. Azimov, dans Fondation (1942-44), imagine même une religion crée presqu’à contrecoeur par les conquérants de l’espace. Face à des civilisations inférieures, les colonisateurs de l’espace font passer leur technologie pour une religion, ce qui permet une domination plus facile. La discussion, nourrie par les pistes ouvertes par Vincent Goossaert, s’est poursuivie sur les enjeux de l’étude du religieux fictif, y compris dans le rôle joué par l’humour (Cf. Small Gods, 1992, de Terry Pratchett), et l’angle de la parodie (D. Pelletier).

 

Mots clefs :

#FANTASY #GAME-OF-THRONE #GEORGE-MARTIN #HISTOIRE #RELIGIEUX-FICTIF #RELIGION #SOCIOLOGIE #SCIENCE-FICTION #SCIENCES-SOCIALES #TOLKIEN       (résumé SF pour le GSRL)

 

 

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