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Séminaire GSRL du 10-01-2019

 

Sociologues en quête de religion

 

 

 

Thème et orateur(s) :

 

Le laboratoire GSRL (UMR 8582) s’est rassemblé à Ivry-sur-Seine pour son premier séminaire de l’année 2019, autour du thème “Sociologues en quête de religion” (titre des actes d’un colloque AFSR publié aux éditions PUR, 2018). Les oratrices étaient Céline Béraud (directrice d’études à l’EHESS, laboratoire CESOR) et Béatrice de Gasquet (MC à l’Université Paris-Diderot, laboratoire URMIS).  Bruno Duriez, pressenti aussi pour intervenir, n’a pu être présent. L’exposé, très riche, a été précédé par une présentation des orientations de l’année par Sébastien Fath (CNRS), nouveau directeur du GSRL, et par un rapide tour de table (partage d’infos, publications). La salle était comble, avec quelques absents, dont cinq excusés (J.Allouche, D.Avon, D.Breseghello, P.Cabanel, D.Pelletier).

 

 

Résumé :

 

Le propos tenu par Céline Béraud puis Béatrice de Gasquet, centré sur le livre collectif Sociologues en quête de religion (PUR, 2018), a commencé par expliciter cette représentation assez largement partagée parmi les sociologues des religions : les travaux de ces derniers seraient insuffisamment considérés dans le champ de la sociologie générale. Il existerait, en quelque sorte, un ‘marché de niche’ où le milieu des sciences sociales des religions organiserait ses colloques, publierait ses revues, mais sans grand lien, intersections ou transversalités, avec d’autres champs d’étude des sciences sociales. Le “péché originel de la sociologie des religions” (titre de la première partie de l’ouvrage présenté) y serait-il pour quelque chose, s’interroge Céline Béraud ? Venus pour la plupart du monde religieux, les pionniers de l’essor de la sociologie des religions en France, après 1945, auraient attiré sur eux un soupçon, un “embarras séculier”, explicité par Pierre Bourdieu dans une conférence fameuse, publiée en 1987, “Sociologues de la croyance et croyances de sociologues”. Bourdieu y questionnait la possibilité, à ses yeux difficiles, d’une sociologie scientifique de la religion quand “on en est”, quand on fait soi-même partie du champ d’étude. Mais Céline Béraud apporte ensuite plusieurs contrepoints. Bourdieu lui-même plus tardivement, sera bien plus nuancé. Céline Béraud montre que sur la base des études et enquêtes rassemblées dans l’ouvrage, la sociologie des religions n’est pas si marginalisée qu’elle n’y paraît. “La crise ne se voit pas dans les chiffres”. Diagnostic largement confirmé par Béatrice de Gasquet, qui souligne, données d’enquête à l’appui, que la sociologie des religions a tout autant pignon sur rue que la sociologie du genre ou la sociologie des migrations. Chaque champ tend à se considérer comme sous-représenté, et chaque chercheur pense qu’il n’est pas assez lu…. Mais les données objectives montrent une sociologie des religions mieux insérée qu’on aurait pu le penser dans les grands débats des sciences sociales. Séverine Matthieu (EPHE / GSRL) et Philippe Portier ((EPHE / GSRL), discutants, ouvrent ensuite l’échange collectif en pointant notamment l’intérêt de distinguer suivant les sciences sociales (histoire, géographie, anthropologie..). Philippe Portier rappelle aussi que la sociologie générale elle-même s’est constituée à partir d’un questionnement sur le rôle de la religion, renvoyant aux débats qui ont présidé au GSR (Groupe de Sociologie des Religions) fondé en 1954, ancêtre… du GSRL.

 

Mots clefs :

#ANTHROPOLOGIE #CHAMPS-DISCIPLINAIRES #FAIT-RELIGIEUX  #GEOGRAPHIE #GSR #HISTOIRE #RELIGION #SOCIOLOGIE #SOCIOLOGIEdesRELIGIONS #SCIENCES-SOCIALES

 

(résumé SF pour le GSRL)

 

 

 

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