33 (0)1 49 60 40 66

 

 

 

 

Thème et orateur(s) :

Le GSRL (UMR 8582) s’est retrouvé à Ivry-sur-Seine pour son cinquième séminaire interne de l’année, autour du livre de M-E. Chessel, A. Grelon, N. Bremond d’Ars, L’entreprise et l’évangile. Une histoire des patrons chrétiens, Presses de Sciencespo, 2018. Un tour de table a précédé la présentation. Sébastien Fath annonce le rattachement de Nadia Malinovich (Université de Picardie Jules Verne), comme chercheure statutaire du GSRL. Cette dernière prend brièvement la parole. Denis Pelletier (EPHE) présente ensuite Marie-Emmanuelle Chessel (CNRS), notre intervenante de l’après-midi, qui propose au GSRL un exposé très riche, illustré par une projection Powerpoint, complété par une reprise non moins stimulante effectuée par Denis Pelletier, discutant.

 

 

Résumé :

Marie-Emmanuelle Chessel rappelle qu’elle vient de l’histoire économique et sociale. Elle en est arrivée à travailler sur la religion via les objets de recherche dont elle s’est emparée, soulignant que les formes de mobilisation et d’engagement du patronat chrétien ont été, jusqu’à récemment, très peu étudiées. Elle rend hommage aux travaux fondateurs de Pierre Trimouille, André Grelon, Denis Pelletier (article de synthèse). Elle commence par retracer les débuts de la mise en réseau d’un patronat catholique confrontés aux défis de l’entre-deux guerres. La figure dominante est alors Joseph Zamanski, qui crée en 1926 le Centre Français du Patronat Chrétien (CFPC). Structuré en petits groupes, très axé sur la formation, il s’avère novateur par son recours à la méthode pédagogique des cas, mise en place peu avant, au début dans les années 1920, dans la Harvard Business School. Dépassant l’approche individuelle, elle valorise le travail de groupe et la démarche inductive. Empruntant à l’Action Catholique spécialisée, ce réseau patronal reste axé sur la formation, non sans débats internes sur le degré d’engagement politique ou la part à donner à la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Dans une seconde partie, toujours illustrée par des sources, Marie-Emmanuelle Chessel a traité de la formation continue des patrons du Nord, héritages et circulations”, elle revient successivement sur l’Action Catholique pour les Indépendants (ACI) et ses liens avec la bourgeoisie chrétienne, l’impact du mouvement évangélique du Réarmement Moral (1947-55), et le rôle oublié joué par l’Ecole d’administration des affaires, financée par un groupe de patrons du Nord (rattachée à la Catho de Lille). En toile de fond, on retrouve l’idée que le sacrifice des prêtres ouvriers a été rendu nécessaire par l’absence d’implication sociale des patrons chrétiens. D’où une insistance sur la responsabilité particulière des patrons chrétiens. Denis Pelletier, discutant, a ensuite prolongé la réflexion par une mise en perspective historiographique. Il souligne que ces milieux patronaux catholiques ont été, au sein du plus large mouvement patronal, un ferment d’innovation. Ils furent les premiers patrons à mettre en place le comité d’entreprise voulu par le CNR. Ils s’intéressent précocement à la question des loisirs des employés, à la réforme du taylorisme, ou aux nouvelles modalités d’association du capital et du travail. Questions et échanges stimulants se sont poursuivis ensuite après les deux interventions, nous permettant de mieux comprendre, via ces dossiers passionnants, une “fractale d’évolution de la catholicité au XXe siècle”.

 

 

Mots clefs :

#CATHOLICISME #CFPC #CNPF #CHRISTIANISME #ECONOMIE #ENTREPRISE #HISTOIRE #RELIGION #PATRONAT #PEDAGOGIE #SOCIOLOGIE

 

(résumé SF pour GSRL)