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Séminaire GSRL du 20/09/2018

“Parler de religion(s) en cours d’histoire. Une approche comparée dans plus d’une quinzaine de sociétés, de l’Inde au Maroc”

 

Thème et orateur(s) :

Sous la direction de Philippe Portier (EPHE), le laboratoire GSRL (UMR 8582) s’est rassemblé à Ivry-sur-Seine pour son séminaire de rentrée 2018-19, autour du thème “Parler de religion(s) en cours d’histoire. Une approche comparée dans plus d’une quinzaine de sociétés, de l’Inde au Maroc”. Les orateurs étaient Dominique Avon (chaire d’islam sunnite à la section des sciences religieuses l’EPHE) et Isabelle Saint-Martin (directrice de l’IESR et directrice d’études à l’EPHE).

 

Résumé :

Le propos, centré sur le livre collectif Faits religieux et manuels d’histoire (Arbre Bleu éditions, 2018), a commencé par questionner les excès des perspectives constructivistes et culturalistes. Le point de vue est important, certes, mais tout ne se réduit pas à cela, et il faut être capable de se mettre d’accord sur le fait qu’il pleut ! Ce qui invite à revaloriser la mise en évidence, par les historiens, de séquences événementielles qui ne se limitent pas à leur perception. Cet effort d’objectivation peut contribuer à refroidir les passions. Quand des élèves, ou des enseignants, disent “on ne peut pas parler des croisades”, le pari est de parvenir à dépasser les crispations identitaires et l’enfermement des mémoires particulières, pour transformer la mémoire en une histoire partagée. En détaillant les différentes approches nationales, les orateurs illustrent les enjeux, les avancées et les limites de cet effort d’objectivation autour de l’enseignement de la religion en cours d’histoire. Le cadre franco-français est réinséré dans une perspective bien plus large. Contrairement au cliché, le Nord ne se réduit pas à un supermarché, ni le Sud à des réserves d’indiens ! D’intenses débats traversent, en interne, chaque aire culturelle. Non sans peine. En Egypte, au Liban, l’enseignement est imbriqué dans l’identité communautaire. Des élèves et enseignants affirment : “On nous a enseigné comme dans un tunnel, ce qu’il n’y a pas dans le tunnel n’existe pas” (cité par D.A.). En Tunisie, à l’inverse du pays voisin (Algérie), on observe, dans les manuels, un effort de mise en place d’un récit national pluriel. Comment à la fois respecter “la fragile conscience des élèves” (cf. lettre fameuse de Jules Ferry, citée par I.S-M), et décloisonner l’enseignement pour éduquer à l’altérité, et à une histoire partagée ? L’ouvrage collectif présenté par les orateurs ne propose pas de sésame universel, mais des pistes stimulantes, éclairées par un travail de terrain comparatiste. Ces réflexions ont été prolongées par un débat très riche, distinguant notamment entre réalité et vérité, en présence de Nathalie Viet-Depaule et de Tangi Cavalin, directeurs de collection aux éditions “Arbre Bleu”.

 

Mots clefs :
#EDUCATION #ECOLE-ET-RELIGION #ENSEIGNEMENT #FAIT-RELIGIEUX #HISTOIRE-COMPAREE #LAICITE #MEMOIRE #MANUELS-SCOLAIRES #RELIGION #IDENTITES
(résumé SF pour le GSRL)