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Séminaire GSRL du 08/11/2018

Prosélytisme confucéen chinois, (re)présentation des doctrines et croyances non-européennes auprès d’un public occidental. Fin XIXème – début XXème

 

 

Thème et orateur(s) :

 

Le laboratoire GSRL (UMR 8582) s’est retrouvé à Ivry-sur-Seine pour son troisième séminaire interne de l’année 2018-19, avec la visite, à cette occasion, de trois chercheuses chinoises. Le thème traité : « Prosélytisme confucéen chinois, (re)présentation des doctrines et croyances non-européennes auprès d’un public occidental. Fin XIXe-début XXème siècle ». L’orateur, présenté par Vincent Goossaert (EPHE) est Joseph Ciaudo, rattaché au laboratoire pour l’année 2018-2019 en tant que post-doctorant HASTEC (Labex « Histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des croyances »). Son projet de recherche, conduit en collaboration avec Vincent Goossaert, est intitulé « Convaincre sans convertir : Enquête sur les origines du prosélytisme confucéen en Occident à partir de la figure de Wu Tingfang (1842-1922) » Après l’exposé présenté, le discutant est Matthias Hayek (Paris Diderot-CRCAO).

 

 

Résumé :

 

Appuyé sur une projection Powerpoint d’une qualité illustrative particulièrement remarquable, Joseph Ciaudo a exposé les premiers éléments d’un travail généalogique sur le prosélytisme et l’apologétisme confucianiste en langues occidentales à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il montre que les tentatives de diffusion et de promotion du confucianisme en Occident sont loin d’être un phénomène datant des quatre dernières décennies. Par ailleurs, elles ne  s’inscrivent pas dans un cadre exclusivement académique ou religieux. Elles remontent en réalité à la fin du XIXe siècle. La présentation que le secrétaire de la légation chinoise à Washington, Peng Guangyu, en a donné au Parlement Mondial des religions à Chicago en 1893, constitue l’événement inaugural d’un processus poursuivi ensuite via plusieurs figures de proue, tous officiers de l’administration impériale chinoise. Le diplomate Wu Tingfang, ambassadeur de la Chine aux États-Unis entre 1897 et 1902, puis à nouveau entre 1907 et 1909, en est un des principaux représentants, diffusant en Occident un discours ouvertement proconfucéen, sans que l’on puisse parler pour autant de prosélytisme. Joseph Ciaudo a livré de multiples éclairages sur les processus de transposition/adaptation/explication  du confucianisme en Occident, dans un contexte où la situation politique chinoise mute (1905, fin des examens impériaux, chute du régime en 1911…). Il articule cette généalogie et ces processus d’adaptation à une réflexion sur les concepts et sur leur transitivité problématique : il ne va pas de soi que les mots “culture”, “civilisation”, “religion” revêtent le même sens en Chine, en France et aux Etats-Unis ! Outre l’obstacle de la langue, d’autres défis se posent, comme des traditions sinologiques tentées par la réification. Or, rappelle Joseph Ciaudo, “la Chine, ce n’est pas l’Egypte ancienne ou la Mésopotamie, c’est une civilisation qui vit toujours”. Matthias Hayek a ensuite élargi le propos en rappelant que Corée, Japon, Vietnam sont confucianisés aussi. La discussion ouverte s’est prolongée autour des sources, des concepts, réemplois coloniaux, et modes de présentification du confucianisme Chine/Occident, Vincent Goossaert rappelant que “le bon confucéen transforme les autres d’abord par son exemple”.

 

Mots clefs :

#ASIE #CHINE #CIVILISATION #CULTURE #CONFUCIANISME #CONFUCIUS #CROIRE #ETATSUNIS #EUROPE #PENGGUANGYU #PROSELYTISME #SAGESSE #WUTINGFANG

 

(résumé SF pour le GSRL)