Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue, à la Faculté de droit et science politique de l’Université d’Aix-Marseille, du colloque :

 

Courants religieux conservateurs et radicaux et communication numériques

 

Ce colloque, ayant lieu le mardi 26 novembre 2019, est organisé par Florence Bergeaud-Blackler, Blandine Chelini-Pont, et David Douyère.

 

 

argumentaire :

“Depuis 15 ans, un nombre croissant de travaux s’intéressent à l’effet sur les comportements des religions numérisées. Bien que plus tardives sur le web francophone, les religion digital studies sont en plein développement comme le montrent, depuis 2010, une production féconde d’articles et l’organisation de colloques internationaux. Les termes du débat sont posés : que fait le numérique (et internet en particulier) aux religions d’une part et quelles sont les incidences du « religieux » sur les pratiques numériques d’autre part.

Il a été mis en évidence combien les technologies de communication affectent la mise en forme mais aussi la réception des messages religieux, comment la médiatisation redéfinit les formes d’autorité, leur rayonnement, le rythme de leur diffusion etc., comment elle peut redéfinir la structure du champ religieux, entraîner un renouvellement des pratiques cultuelles etc.

L’étude des effets des contraintes ou des possibilités offertes par la numérisation sur la formation de l’autorité et de la norme religieuse reste encore sous-explorée. Au-delà de la question des pratiques, il manque notamment une exploration systématique pluri- ou transdisciplinaire des liens entre numérisation et rapport à la norme religieuse.

Ce colloque exploratoire a pour objectif de nous permettre de réfléchir à la façon dont nous pourrions allier d’excellentes connaissances des techniques de numérisation et de leurs capacités et limitations, en considérant la rapidité du rythme de leurs transformations (ce qui était vrai il y a cinq ans ne l’est plus nécessairement aujourd’hui), et une connaissance fine des normativités religieuses dans leur cadre institutionnel et sociologique, et notamment de leurs expressions fondamentalistes, intégralistes ou restitutionnistes. Il nous faut pour cela travailler aux confins des sciences sociales et humaines, juridiques et technologiques.

Un certain nombre d’articles ont déjà balisé le chemin en élaborant des outils terminologiques nouveaux et en adoptant des approches permettant de saisir ce que les technologies numériques font au sciences humaines et inversement, tout en réfléchissant aux problématiques juridiques, éthiques et déontologiques liées à la collecte et à l’exploitation des informations. On pense aux travaux pionniers de Dominique Cardon, et à ceux relayés par les revues tic et sociétéRecherches en sciences sociales sur internet (Reset), MédiumMédiation et Information (MEI) et aux nombreux ouvrages cités en bibliographie.

Nous proposons de réfléchir à l’articulation entre religion digitale et fondamentalismes.

Les contributions attendues doivent nous conduire à réfléchir sur la transformation normative qu’opère le passage au numérique, aussi bien à l’incidence normative du numérique sur les religions, qu’à la remédiation normative du numérique en matière de prescription religieuse. Que fait le religieux au droit numérique et inversement que fait le numérique au droit religieux ? Est-il possible de datafier ces phénomènes par les stata-data disponibles ou même les fabriquer ?

Amplification, démultiplication, accessibilité des autorités et normativités religieuses (tout comme les moyens de prêche et de pratique par ailleurs très étudiés)

    1. Quelles sont les stratégies de massification normative, mise à disposition des textes normatifs et jurisprudentiels, énonciation vidéo, mise en ligne web
    2. Quelles sont les stratégies d’interactivité « conseillante » ? réseaux sociaux /Digital ?
    3. Quelles sont les stratégies de renforcement normatif ?

Les autorités et normativités religieuses sont concurrencées, réinterprétées. La déclarativité normative des autorités instituées est télescopée par la concurrence/supplétion d’entrepreneurs de sens dynamiques/ financés /libres

    1. Quels supports sont particulièrement propices à cette concurrence ?
    2. Quels effets sur l’interprétation ?

Phénomène inverse dans la concurrence de la re-fabrication d’une autorité autoritaire/ intégraliste. Est-ce que l’autoritativité compétitive favorise les intégralismes ? Quelle vision politique ont ces « nouvelles autorités » ?

    1. Quelle autoritativité compétitive/politique et supplétive des « outsiders » ?
    2. Particularisme des religions monothéistes à fabriquer de l’autoritativité radicale ?
    3. Rapport des internautes à leur propre liberté et soumission spirituelle/ le numérique renforce-t-il le préjugé religieux ?”

 

(source https://sites.google.com/view/relinum/colloque2019)