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Le 14 avril 2016, dans le cadre des séminaires de l’axe transversal Genre, religions, sécularisation du GSRL (responsable Florence Rochefort),

 

Jennifer Selby – anthropologue, professeure agrégée, Université de Memorial, Canada – présente sa recherche qui porte sur :

 

Le Terroriste, le Patriarche et l’Homme éclairé : les figures qui hantent le quotidien des musulmanes
Jennifer SELBY est auteure de Questioning French Secularism: Gender Politics and Islam in a Parisian Suburb (Palgrave MacMillan, 2012), et co-directrice de Debating Sharia (University of Toronto Press, 2012).
 

 

Résumé

 

Les personnes de confession musulmane en général et les femmes musulmanes en particulier, et plus encore celles d’entre elles installées en Occident, se trouvent aujourd’hui dans une situation délicate : elles sont souvent confrontées, d’une part, à une radicalité islamophobe et, d’autre part, à une radicalité islamiste.

Dans cette présentation, nous examinons les processus selon lesquels ces radicalités produisent des figures discursives hégémoniques qui hantent l’imagination publique.
Nous examinons, plus précisément, comment ces figures affectent la vie de nos participantes musulmanes canadiennes, et comment ces mêmes figures délimitent, dans une certaine mesure, les discours et actions des participantes.
Notre réflexion s’ancre dans l’étude de trois archétypes masculins qui ont émergé inductivement de nos analyses, à savoir : le terroriste, le patriarche, et l’homme éclairé.
Bien qu’il s’agisse de figures masculines, celles-ci apparaissent régulièrement dans les interactions quotidiennes de nos enquêtées.
Nous nous intéressons en particulier aux façons dont elles réagissent à ces figures.
Dans certains cas elles les (re)produisent ou activent des figures féminines qui répondent à ces figures masculines, dans d’autres contextes elles se les (ré)approprient et, dans d’autres cas encore, elles décident simplement de se distancer de toutes ces figures dans lesquelles elles ne se reconnaissent pas.
Nous suggérons que les modes de (dé)subjectivation de ces femmes s’insèrent dans leurs pratiques qui consistent à faire ou à défaire, à coconstruire ou à déconstruire ces figures.
À partir de l’analyse d’une série entrevues qualitatives réalisées avec des femmes s’identifiant comme musulmanes à Montréal et à Saint-Jean de Terre Neuve, cet intervention s’articule autour de deux objectifs centraux.
Premièrement, nous souhaitons mettre en exergue les relations qui existent entre les différentes figures qui se trouvent être, non pas mutuellement exclusives mais plutôt intimement reliées : l’activation de l’une résonne avec la présence d’une autre.
Deuxièmement, nous souhaitons saisir la complexité de la position dans laquelle le sujet féminin musulman se trouve aujourd’hui, et de  réfléchir aux  positions du sujet masculin. L’emphase que nous mettons sur les figures masculines agit comme une porte  d’entrée sur les processus que mettent en œuvre les musulmanes canadiennes pour enclencher et entretenir des modes de (re)subjectivation qui leur sont propres.

Publications récentes de  Jennifer Selby

 

  • Selby Jennifer A. et Gotman Anne,« C’est plus traditionnel ici qu’au bled ! Analyse socio-spatiale du traditionalisme religieux dans une banlieue   parisienne »,
 Ethnologie française, 2014/3 Vol. 44, p. 513-524.
  • Selby Jennifer, « Un/veiling Women’s Bodies: Secularism and Sexuality in Full-face Veil Prohibitions in France and Quebec », Studies in Religion / Sciences Religieuses 2014, Vol. 43(3) 439–466.

 

 

Date, lieu et horaire

  • 14 avril 2016
  • GSRL, salle 255
  • 10h-12h30