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Séminaire IRENE : Quelles politiques publiques en matière religieuse en Europe ?

Mercredi 29 mars 2017

18h à 20h

Ecole Normale Supérieure (45, rue d’Ulm, Salle Dussane)

 

Sylvie Toscer-Angot (UPEC, GSRL) interviendra sur :

La République fédérale d’Allemagne face au défi de la pluralité religieuse : la reconnaissance de l’islam dans le système éducatif allemand

Résumé

Depuis quelques décennies, la nature des relations entre politique et religion en République fédérale d’Allemagne a fait l’objet de profondes mutations, liées à la sécularisation, à l’importance grandissante du nombre des personnes dites sans confession, à la pluralisation religieuse, et notamment à la présence de plus en plus affirmée de l’islam.

Ces évolutions qui tendent à remettre en question l’équilibre bi-confessionnel protestant-catholique, longtemps considéré comme une dimension essentielle de l’identité collective allemande, ainsi que la légitimité même du monopole dont bénéficient encore les Eglises chrétiennes, bousculent les représentations d’une société qui a du mal à penser le pluralisme et la neutralité confessionnelle sans référence au christianisme.

Face aux revendications croissantes de communautés de croyances désireuses d’obtenir des droits ainsi qu’une reconnaissance institutionnelle et une visibilité plus grande dans l’espace public, les autorités publiques sont amenées à trouver des solutions politiques et juridiques, susceptibles de concilier la protection de la liberté de conscience et de religion, le principe de neutralité de l’Etat et l’égalité de traitement de toutes les communautés religieuses.

C’est à travers la question de la reconnaissance de l’islam dans le système éducatif allemand que seront étudiées les réponses des pouvoirs publics allemands face au défi de la pluralité religieuse.

 

 

Argumentaire

Ce séminaire, consacré aux politiques publiques en matière religieuse en Europe,. Il a pour objectif de mettre en évidence différents aspects de la dimension politique du fait religieux. L’objectif est de mesurer les conséquences politico-religieuses des bouleversements géopolitiques de la dernière décennie (Printemps arabes, flux migratoires…), d’appréhender la manière dont les démocraties européennes font face aux revendications croissantes de communautés de croyances désireuses d’obtenir de nouveaux droits ainsi qu’une reconnaissance institutionnelle, de déterminer dans quelle mesure le paradigme de « neutralité religieuse et philosophique » de l’Etat, dont se réclament largement la plupart des États européens aujourd’hui, est opérationnel pour dégager les attributs d’une Europe des religions et d’étudier l’impact des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ou d’autres instances européennes sur les politiques publiques des différents Etats européens en matière religieuse,

La réflexion menée s’inscrit dans une approche comparatiste. Elle s’intéressera bien sûr aux différents pays membres de l’Union européenne, mais elle intègrera également des pays membres du Conseil de l’Europe et abordera en contrepoint final le cas des Etats-Unis.

 

Comité d’organisation : Claude Proeschel (Université de Lorraine, GSRL-CNRS), Sylvie Taussig (UMR 8230) et Sylvie Toscer-Angot (UPEC, GSRL-CNRS).