De la part de Jean Baubérot, un texte sur la mise en place et l’organisation de “débats de société sur des questions vives se situant à l’articulation des cultures et des convictions”, le dialogue restant le meilleur moyen de se comprendre et de s’accepter.

 

 

 

ASSOCIATION SOCIETE, CULTURES ET CONVICTIONS (SOCC)

DOCUMENT DE TRAVAIL (24 OCTOBRE 2019)

 

 

DES DEBATS NON DECISIONNELS, POURQUOI ET COMMENT ?

 

Selon ses statuts, la SOCC a pour objet de contribuer à engendrer et à organiser des débats de société sur des questions vives se situant à l’articulation des cultures et des convictions. Ces débats ont pour vocation spécifique non pas de parvenir à des décisions, qu’elles soient éventuellement consensuelles ou seulement majoritaires, mais de susciter de libres échanges entre des personnes physiques ou morales respectueuses de la diversité des convictions, chacun des participants ne cherchant pas à imposer les siennes. Par ce type d’échanges la SOCC inscrit son action dans le cadre d’une authentique démocratie participative, respectueuse des responsabilités propres des instances décisionnaires de la société et cela à tous les niveaux de son organisation territoriale : local, régional, national, européen ou international.

La SOCC rend périodiquement public des thèmes susceptibles de donner lieu à de tels débats interconvictionnels et se préoccupe de leur conférer une diffusion aussi large que possible. Elle rend compte à leur issue des échanges auxquels ils ont donné lieu. Il s’agit ainsi de permettre à de petits groupes de citoyens d’avoir de véritables échanges sur des questions « qui font débat », en étant conscients qu’il leur appartient non pas de parvenir à des décisions s’imposant à tous, mais bien de confronter pacifiquement leurs opinions ou leurs convictions. Essayer de convaincre « les autres » est en soi une activité légitime et gratifiante pour autant qu’on accepte de ne pas oublier le verbe « essayer » et, bien sûr, sous réserve de réciprocité.

 

Ce qui est espéré est que les participants ressortent de ces confrontations avec le sentiment qu’elles leur auront permis d’enrichir leur pratique de la démocratie. Il n’est évidemment pas exclu que ces échanges puissent conduire à des convergences ne serait-ce que partielles mais leur objectif principal est bien de se concentrer sur les sujets qui peuvent être sources de dissensus, donc potentiellement de conflits, pour tenter de les ramener au statut de questions à débattre. Tout ceci n’interdisant évidemment pas l’existence et la légitimité d’autres formes de confrontations sociétales que les débats ainsi définis.

 

 

ORGANISATION DES DEBATS NON DECISIONNELS

Comment lancer le processus ? Il semble judicieux, dans un premier temps, de saisir du projet d’organiser des débats non décisionnels des groupes sociaux « captifs » (collège1, lycées ; associations diverses ; maisons de retraite ; cafés organisateurs de réunions ; salles communales ; etc.) et de s’interroger collectivement en leur sein sur la faisabilité et l’apport de tels débats. Il ne va pas de soi en effet qu’il est intéressant de débattre sans avoir pour objectif premier de « conclure », que ce soit de façon unanime ou seulement majoritaire. Et de telles premières rencontres ne manqueraient sûrement pas d’engendrer des propositions de débats ultérieurs sur des sujets spécifiques.

Choix des thèmes de débat. Ce choix est de la responsabilité spécifique des organisateurs de tels débats. Ces thèmes peuvent être d’ordre très général (démocratie, progrès, environnement, etc.) mais ils peuvent aussi s’inscrire dans l’actualité immédiate pour autant que ne soit pas perdues de vue en cours de débat les spécificités non décisionnelles ci-dessus évoquées.

Choix des lieux de débat. Les débats doivent préférentiellement se dérouler dans des lieux intéressés par leur récurrence : salles communales, cafés, bibliothèques, médiathèques, librairies, etc. Il appartient aux institutions partenaires de les choisir et de prendre les contacts nécessaires pour obtenir leur concours.

Gestion des réunions. Le nombre des participants est nécessairement limité si l’on veut que chacun d’eux puisse s’exprimer. Une trentaine semble être un grand maximum. La réussite d’une réunion dépend étroitement de la capacité de son animateur d’en préciser le thème et de veiller à ce qu’elle se déroule dans l’esprit ci-dessus défini. Se pose donc de façon importante, dans chaque institution partenaire du projet, la question de la formation de ces animateurs.

 Si l’on veut que les débats en question soient vraiment constructifs, il est légitime qu’ils soient introduits par des personnes « compétentes » mais pour autant que cette introduction en soit effectivement une et non pas une conclusion implicite. Le rôle de leurs animateurs est essentiellement d’aider les participants à mieux communiquer en s’assurant de la participation de tous, sans exiger pour autant une égalité des temps de parole mais en essayant d’interrompre les interventions trop longues. L’animateur doit aussi veiller à limiter les échanges directs répétitifs entre deux participants. Il peut, à certaines étapes de la discussion, récapituler ce qui a été dit mais sans conclure et contribuer à faire évoluer les thèmes du débat. Il doit aussi tenter de mettre un terme aux éventuelles tensions : elles sont légitimes si elles demeurent contrôlables. En fin de réunion il doit rappeler ce qu’il en restera en termes matériels (compte rendu sur le site de la SOCC par exemple).

Débouché des réunions. Un système informatisé sera rapidement mis en place aux fins de partager entre les acteurs de la SOCC des informations sur les thèmes traités, la nature des participants, leur degré d’engagement, les éventuelles difficultés rencontrées.

Une organisation nécessairement réticulée. Si l’on veut que ce projet prenne une ampleur qui en justifie l’existence, il est indispensable que de multiples institutions prennent en charge de tels débats, chacune selon ses spécificités. Nous pourrions ainsi constituer une sorte de fédération – à ce stade informelle – d’institutions associées au travers de la promotion de tels débats citoyens.

 L’AG de la SOCC aura lieu le 22 novembre 2019. Elle se tiendra, à l’invitation de Catherine Bréchignac et de Pierre Corvol, dans les salons de l’Académie des sciences, 23 quai de Conti, au fond à droite de la deuxième cour au deuxième étage de 16h à 18h.

Les personnes qui souhaiteraient se rendre à cette AG et celles qui, sans pouvoir le faire, seraient intéressées peuvent se signaler à jeanbauberot@hotmail.com. Membre du Comité de parrainage, j’attends vos retours. Merci d’avance.