Chargé de cours à l’IRIS, consultant-formateur

 

Courriel : christophe.grannec(at)gmail.com

 

Christophe Grannec possède un doctorat de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes-Vème section (sciences religieuses). Il a soutenu sa thèse en 1996, sous la direction de Jean Baubérot, sur l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Il a été professeur au Canada, entre 2003 et 2009, dans un département de sciences religieuses, à l’Université de Sudbury, dans la province de l’Ontario. Puis il est rentré en France et est devenu maître de conférences à l’Université Catholique de Lille entre 2010 et 2013, comme sociologue des religions. Chercheur associé au GSRL-CNRS entre 2006 et 2011, il est membre statutaire du GSRL-CNRS depuis 2012. Il est également chercheur affilié à la SISR (Société internationale de sociologie des religions).

Ses domaines d’enseignement et de recherche concernent la participation des organisations internationales et des ONG au dialogue interculturel et interreligieux, le rôle des religions dans la mondialisation et dans les relations internationales et l’action sociétale (caritative, humanitaire…) des Eglises chrétiennes.

Parmi ses travaux principaux, on peut citer en 2011, un ouvrage collectif sous sa direction, Les chrétiens dans la mouvance altermondialiste aux Editions Karthala : de la première édition du Forum social mondial, à Porto Alegre en 2001, jusqu’à celles de Nairobi en 2007 et de Belem en 2009, les observateurs ont constaté, parfois avec surprise, que les chrétiens étaient bien représentés au sein de la mouvance altermondialiste. Ce livre montre que cette présence ne doit rien au hasard. Dans le contexte latino-américain, les militants et les organisations impliqués dans les forums mondiaux sont souvent issus des courants de la théologie de la libération. En Europe et particulièrement en France, l’engagement des chrétiens dans l’altermondialisme trouve son origine, dès la fin des années 1980, dans le combat pour l’annulation de la dette publique des pays du Sud et le développement de la thématique de la solidarité internationale. De leur côté, les catholiques français (CCFD, Secours catholique, CRID) entretenaient depuis longtemps des liens avec des partenaires en Afrique et en Amérique latine. Au sein de cette mouvance, les chrétiens se sont distingués par une participation non violente, un fonctionnement en réseau horizontal préservant leur marge de manoeuvre et un refus de toute structuration idéologisée de l’altermondialisme.

Il publie en 2012 avec sa collègue Bérengère Massignon, Les religions dans la mondialisation, entre acculturation et contestation , aux éditions Karthala : loin d’être en déclin, les acteurs religieux sont aujourd’hui en première ligne dans un contexte international mouvant et indécis. L’observation révèle des prises de position et des modes d’action, qui oscillent entre d’un côté une acculturation à la mondialisation et de l’autre une contestation du nouvel ordre international. Ce qui retient aussi l’attention, c’est la combinaison entre l’enracinement dans un cadre national et l’intégration à des réseaux et courants transnationaux. Cet ouvrage réunit les contributions d’historiens, de politistes et de sociologues qui cherchent précisément à éclairer le positionnement contrasté de courants de pensée ou d’organisations religieuses, chrétiens ou musulmans, confrontés au défi de la mondialisation notamment sur le terrain européen mais aussi en Turquie, au Liban ou aux États-Unis. Les politiques et les stratégies des institutions et organisations religieuses façonnent le paysage de la mondialisation, en s’inscrivant plus que jamais dans la visée de « religions mondiales ». L’intervention de ces nouveaux acteurs sur la scène publique nationale et internationale, oblige à repenser la gestion de la pluralité religieuse à l’échelle globale.

A l’automne 2014, il publie en co-direction avec ses collègues Olivier Landron et Sophie-Hélène Trigeaud, Le dialogue interculturel et interreligieux à l’heure de la mondialisation , aux éditions Parole et Silence : au niveau international, la mobilité accrue des populations entraîne des évolutions notables dans la répartition des religions. Les grandes cités du monde sont de plus en plus multiculturelles et plurireligieuses. Si la mondialisation uniformise, elle provoque également nombre de résistances au coeur des sociétés civiles et des cultures locales. Rapprochant les peuples, elle exacerbe en même temps leurs différences culturelles et religieuses. Comment dès lors établir une coexistence pacifique entre les peuples ? Comment favoriser les échanges entre les cultures et les religions et s’opposer aux dérives extrémistes ? Quelle reconnaissance et quelle gestion de la diversité religieuse et culturelle peut être établie par les pouvoir publics ? Ce sont ces questionnements qui ont nourri la réflexion des divers intervenants, en étudiant les relations entre acteurs religieux, organisations internationales et Etats, dans le contexte actuel de la mondialisation. Ces débats ont eu lieu dans le cadre d’un colloque organisé à l’Université Catholique de l’Ouest (UCO) à Angers, en avril 2014.

 

 

Publications

 

  • Les chrétiens dans la mouvance altermondialiste, Christophe Grannec (dir.), Paris, Karthala, 2011
  • La CFTC, histoire et présence d’un syndicalisme d’inspiration chrétienne, Université Catholique de Lille-syndicat CFTC, Pantin, Publications de la CFTC (DVD), 2012.
  • Les religions dans la mondialisation, entre acculturation et contestation, Christophe Grannec et Bérengère Massignon (dir.), Paris, Karthala, 2012
  • Le dialogue interculturel et interreligieux à l’heure de la mondialisation, Christophe Grannec, Olivier Landron et Sophie-Hélène Trigeaud (dir.), Paris, Parole et Silence, 2014.