33 (0)1 49 60 40 66

Moine en grande prosternation

Moine pèlerin bouddhiste du monastère tibétain de Labrang (Tibet oriental), effectuant une série de grandes prosternations devant le grand stupa blanc du Wutaishan, montagne sacrée du nord de la Chine (province du Shanxi). Des pèlerins effectuent également des grandes prosternations en cheminant, « mesurant » de leur corps les routes et chemins de la montagne (parfois même depuis leur domicile). Il s’agit autant d’un acte de pénitence que de mettre tout son corps en contact avec la terre sacrée.

Wutaishan, Chine, Juillet 2007 © I. Charleux

Méditation sur la route de la Soie

Prière en solitaire et/ou pratique de l’exercice soufi de la répétition incessante des noms de Dieu (dhikr) dans le silence de son cœur par un musulman ouïgour de la ville de Kashgar, au Xinjiang (Mosquée Idgah).

Kashgar, Xinjiang, Chine, 2013 © T. Zarcone

Attente de la visitation de l’esprit

La prière fervente en attente de grâces de l’Esprit Saint fait partie du cérémoniel charismatique. Les grandes rencontres sont d’ailleurs l’occasion pour les fidèles de se « (re)consacrer » à Dieu. Les moments de chants et les différents « appels » en sont les occasions particulières. Ici, une cinquantaine de jeunes ont répondu à l’appel du prédicateur. Prosternés, ils attendent que Dieu se manifeste dans leur vie pour ensuite attester d’une grâce particulière, d’une visitation de l’Esprit ou du pardon des péchés.

Le landeron, Suisse, mars 2009 © C. Monnot

Tombeau de Saint musulman en Chine

Deux femmes appartenant à la communauté musulmane chinoise de Chine (Hui), au Gansu, sont en train de prier devant le Tombeau (gongbei) du saint personnage Guo (国拱北). Au contraire des autres musulmans du pays et du reste du monde et à l’instar des bouddhistes et des taoïstes, les Hui associent à cette prière une offrande d’encens. Ce rituel est naturellement réinterprété dans le cadre de la tradition musulmane; il vise à consolider la vénération vouée au saint homme inhumé en ce lieu.

Linxia, Gansu, Chine, juillet 2015 © Gao Jie

Action, cœur et paroles justes

Telle est la devise de ces trois statues du temple Fahuasi, l’un des nouveaux sites religieux construits sur l’esplanade des religions à Bussy Saint-Georges (Seine et Marne) où se côtoient bouddhismes, christianismes et islam. Ce temple est le centre européen d’une grande organisation bouddhique internationale, Foguangshan, fondée à Taiwan dans les années 1960. Plusieurs moines et nonnes originaires de Taiwan y résident, mais le lieu a beaucoup bénéficié de dons de Chinois de France, et attire aussi un public français non sinophone, avec un restaurant végétarien, des cours de méditation et diverses activités culturelles et éducatives. Bussy Saint-Georges,

France, 2015 © L. Mabit

Cité post-séculière

Dans nos cités, des manifestations singulières du religieux se côtoient et soulignent le caractère post-séculier de nos sociétés. L’aspect séculier ressort ici avec l’exposition d’une sculpture détournant l’invitation à « chercher Dieu » par une galerie d’art moderne dans une rue historique de Genève. Le second aspect du post-séculier est la « persistance » du religieux manifeste sur ce cliché avec l’apparition d’un groupe de sœurs de Sainte-Anne qui déambule dans les rues portant des signes visibles de leur appartenance religieuse.

Genève, Suisse, mai 2008 © C. Monnot

Connaître sa destinée

Pour les Chinois, comme pour de nombreux autres peuples, le corps parle et les signes corporels, lignes de la main, forme du visage, particularités physiques comme les grains de beauté et leur emplacement, sont des signes qui peuvent révéler le destin accordé par les Cieux aux humains. Ainsi, on rencontre parfois près des temples devins, astrologues et autres chiromanciens. Ici, un devin interprète les lignes de la main d’une jeune femme, devant un temple bouddhique, le Yuangongsi à Kunming, dans la province du Yunnan.

Kunming, Chine, 2010 © M. Lebranchu

Louange à Dieu

La louange est un aspect central des rencontres pentecôtistes et charismatiques. Sur la forme, l’expression de la louange diffère peu des concerts de pop-rock comprenant scène, instruments et sonorisation, excepté par les paroles religieuses des chants projetées sur grand écran. Ces moments sont l’occasion d’exprimer sa ferveur religieuse et « son amour pour Jésus » par la congrégation soutenue par une musique entraînante. Des morceaux rythmés alternent avec des chants plus paisibles permettant aux choristes d’entonner un chant en langues ou une prière.

Le Landeron, Suisse, mars 2009 © C. Monnot

Hope for a New Nation

Festival « Hope for a New Nation » (Juba, Soudan du Sud). Le livre brandi dans la foule est une Bible. Ce geste fait écho aux propos du prédicateur, et vise à exprimer, dans « l’espace sacré » du John Garang Memorial Park, l’autorité du texte biblique. Il a aussi une fonction d’authentification : la fidèle se reconnaît dans le biblicisme tel qu’il est prêché et s’affiche publiquement comme « femme de la Bible », traduisant, en version sud-soudanaise, le vieux principe protestant du Sola Scriptura (primauté des Ecritures).

Juba, Soudan du Sud, Octobre 2012 © S. Fath

Former des vœux

 

La Chine connaît des formes religieuses très diverses où se mêlent pratiques populaires traditionnelles, bouddhisme et taoïsme. Comme dans tous les pays du monde, la recherche des biens de salut immédiats, santé, réussite et bonheur familial est très présente d’où l’importance accordée aux porte-bonheurs et aux vœux adressés aux divinités pour demander une protection, une aide, pour soi ou ses proches, ou pour les remercier de leur action. Ici, un moine bouddhiste écrit des vœux, dans un temple bouddhique.

Leshan, province du Sichuan, Chine, 2009 © M. Lebranchu

Dévotion à des mantras

Pèlerin mongol apposant son front et ses mains sur la paroi rocheuse inscrite des mantras tibétains des trois grands bodhisattvas, Avalokiteshvara (« om mani padme hum »), Manjushri (« om a ra pa tsa na dhi ») et Vajrapani (« om badzra pa ni »), monastère Tövkhön khiid (province Arkhangai). Le contact avec la roche sacralisée par les mantras que les pèlerins ne cessent de réciter en égrenant leur chapelet est supposé conférer la bénédiction des bodhisattvas.

Mongolie, Juillet 2014 © I. Charleux

Maison d’étude de la Torah et du Talmud

Bibliothèque de la yéchiva – maison d’étude de la Torah et du Talmud – de la Hara Kbira, sur l’île de Djerba. L’île abrite la plus ancienne communauté juive de Tunisie. Celle-ci, selon la tradition, y aurait trouvé refuge à la suite de la destruction, à Jérusalem, au VIe siècle avant JC, du Temple de Salomon

Djerba, Tunisie, été 1994 © J. Laloum

Maître coranique en prière

L’islam sunnite séculaire au Mali compte divers ordres et coexiste avec le catholicisme, le protestantisme et les cultes de possession bamana. Les croyants veillent aux spécificités religieuses des uns et des autres. L’Etat laïc garantit cette pluralité. Les pratiques religieuses autrefois limitées au domaine privé ou cérémoniel s’expriment dans l’espace public depuis l’instauration de la démocratie en 1991. Les musulmans soufis, réformistes ou fondamentalistes condamnent les groupes islamistes armés qui sévissent actuellement dans le pays.

Région de Koutiala, Mali, décembre 2006 © D. Jonckers

Le bodhisattva de la compassion à Paris

Statue de Guanyin (Sanskrit : Avalokiteshvara, bodhisattva de la compassion, l’une des divinités bouddhiques les plus vénérées), ici représentée avec onze têtes et mille bras au centre du grand autel du temple Fahuasi, le centre européen du mouvement bouddhiste international Foguangshan, qui se trouve en banlieue parisienne, à Bussy Saint-Georges (Seine et Marne), sur l’esplanade des religions.

Bussy Saint-Georges, France, 2015 © L. Mabit

Danser pour Dieu

La vieille danse extatique des derviches tourneurs se maintient aujourd’hui, en Turquie, sous une forme folklorique, coupée du mode de vie communautaire, le couvent soufi, où elle était cultivée, jusqu’en 1925. Si elle reste une forme à part de dévotion pour les pieux musulmans qui «dansent» le retour à l’unité divine, elle ne représente, cependant, qu’un «yoga en mouvement » pour la jeunesse New Age de la République turque et presque une « religion » de la sortie de la religion. Elle séduit surtout de nombreux Occidentaux en mal de mysticisme.

Istanbul, Turquie, 2014 © T. Zarcone

Villages taoïstes et condominiums laïcs

Un village organise un rituel taoïste (jiao) ; le deuxième jour, les prêtres taoïstes et les représentants de la communauté font le tour du territoire, offrant des libations aux soldats divins des quatre directions. On voit, en arrière-plan, un des ensembles résidentiels qui représentent maintenant l’essentiel de l’habitat de Hong Kong ; de nombreux villages ont vendus leurs terres, où ont été construits ces immeubles dépourvus de structure communautaire. Deux étapes de la vie sociale et rituelle de cette société chinoise se trouvent ici face à face

Nouveaux territoires, Hong Kong, Chine, janvier 2007 © V. Goossaert

Maîtres taoïstes du Lac Dongyue

A la fin du rituel de mérite pour l’anniversaire du dieu du Pic de l’Est (Dongyue Dadi), les maîtres taoïstes du Lao Dongyue envoient à ce dernier leurs gages de foi, en l’occurrence des monnaies d’offrande

Hangzhou, Chine, 2009 © L. Fang

Sanctuaire de Mashhad au crépuscule

Esplanade du sanctuaire de l’Imâm Rezâ à Mashhad qui abrite le tombeau du huitième Imâm des chiites, le seul des douze imams vénérés par ce courant de l’islam qui soit enterré en Iran. Ce lieu est aujourd’hui le plus grand sanctuaire du monde musulman. On voit quelques fidèles traverser l’esplanade et se diriger vers sa salle de prière pour y accomplir la prière du coucher du soleil.

Mashhad, Iran, février 2014 © C. Arminjon

Célébrer la passion

La procession de la Sanch (le Sang du Christ) se déroule chaque vendredi Saint en Catalogne nord, le Roussillon, depuis 1461. La Confrérie des pénitents de la Sanch a été fondée en 1416 à Perpignan par San Vincenç Ferrer, un moine dominicain valencien. Outre le perfectionnement des Confrères, son but était la commémoration de la Passion par les processions et l’assistance aux prisonniers et aux condamnés mort. Les processions étaient organisées pour conjurer pestes, guerres et autres malheurs qui s’abattaient sur l’Europe. Ici, le porteur de la Croix.

Collioure , France, 2001 © M. Lebranchu

Possédé, cheval de Nya

Médium en transe portant les autels de Nya, entouré de danseurs et musiciens allant en procession du sanctuaire à l’enclos sacrificiel. Nya, Manyan, Komo, etc. sont des puissances supra-humaines entre dieu et les hommes dans la bamanaya. Leurs forces s’inscrivent dans un système d’énergies nourries par le sang et les plantes. Possédé et autels sacrificiels matérialisent ces puissances lors de cérémonies semestrielles. Ces cultes de possession tissent des réseaux politiques et matrimoniaux étendus. La bamanaya. coexiste avec l’islam et le christianisme.

Région de Koutiala, Mali, décembre 2006 © D. Jonckers

Fête d’automne des éleveurs de rennes tchouktches (1)

À l’extrême est de l’arctique sibérien, les rituels des éleveurs de rennes tchouktches marquent le lien étroit existant entre les rennes, le foyer domestique, la tente en peau et les humains qui y vivent. On voit ici le plus important de ces rituels, destiné à favoriser la période de rut et la reproduction du troupeau. Une jeune-femme nourrit de moelle les planches à feu anthropomorphes disposées sous la tête d’un renne abattu rituellement ; ces planches à feu sont conçues comme les gardiens symboliques du troupeau.

Sibérie, Russie, août 1997 © V. Vaté

Sortie de culte à Moorea

L’évangélisation protestante des îles de la Polynésie a été l’œuvre conjointe des Mâ’ohi (autochtones de Polynésie) et des missionnaires de la société des missions de Londres puis de la société des missions évangéliques de Paris, implantées à Tahiti respectivement à partir de 1797 et 1863. Alors que l’église protestante mâ’ohi, héritière des sociétés missionnaires, est aujourd’hui engagée dans un mouvement de revendications culturelles et autochtones certaines paroisses, comme celle de Haapiti (photo), préfèrent conserver la liturgie et les tenues vestimentaires « traditionnelles » en signe de respect pour les ancêtres qui se sont convertis et ont préservé « la tradition » protestante issue des missions.

Moorea, Polynésie française, 2000 © G. Malogne-Fer

Procession mariale

Lors des pèlerinages à Lourdes, la semaine liturgique est marquée de temps forts avec de grands rassemblements. Chaque jeudi soir est organisée une grande procession mariale aux flambeaux. Ici un groupe de sœurs se rendant à la procession avec leur flambeau constitué d’une bougie et d’une lanterne de papier de couleur. La foule de pèlerins part de la grotte en suivant une grande statue de la Vierge et marchant en groupes constitués derrière la bannière de leur pèlerinage pour se terminer sur les parvis de l’esplanade de la basilique où la bénédiction est donnée.

Lourdes, mai 2010 © C. Monnot

L’Empereur du ciel sombre à Paris

Procession de l’Empereur du Ciel Sombre (Xuantian Shangdi) pendant la fête du Nouvel An chinois, à Paris, dans le 13e arrondissement.

Paris, France, 2015© L. Fang

Yonna

Des élèves d’une école interculturelle exécutent la yonna, danse traditionnelle du peuple wayuu. La yonna est exécutée au son des percussions régulières et rapides du kasha (tambour wayuu). Sur la photo, un jeune homme danse en reculant, tandis que plusieurs filles avancent dans l’intention de le faire tomber par terre. A l’origine, la yonna était exécutée comme rituel, par exemple, pour éloigner le mal après un cauchemar ou comme remerciement pour l’arrivée de Huya (la pluie). Actuellement, les raisons peuvent être diverses, comme partager un moment en communauté.

Riohacha, La Guajira, Colombie, octobre 2011 © E. Giraldo

Marche pour Jésus à Paris

Né à Londres en 1987, le mouvement évangélique des « Marches pour Jésus » visait à réinvestir l’espace public pour s’opposer à la « déchristianisation » des sociétés occidentales. L’essor mondial de ces Marches a coïncidé avec celui de la théologie charismatique du combat spirituel, qui met l’accent sur la lutte avec les « forces démoniaques » et la Bible comme fondement de l’ordre social. A la fin des années 2000, les Marches parisiennes s’inscrivaient clairement dans ce militantisme charismatique. Les drapeaux symbolisent le rôle des « nations » et d’Israël dans l’avènement du royaume de Dieu sur terre.

Paris, France, 2008 © Y. Fer

Offrir un arc-en-ciel aux divinités de l’Altaï

Retour et recomposition du religieux en ex-URSS : les rituels collectifs organisés par les Altaj- kiži, un peuple indigène de l’Altaï, en Sibérie du Sud, ont lieu deux fois par an, en été (T’ažyl bür, le « rameau vert ») et en automne (Sary bür, le « rameau jaune »). Ils visent l’obtention de bonheur, de prospérité et de chance pour la période à venir. Lors de ces cérémonies, le leader religieux t’arlykčy (« messager »), aidé de son assistant šabyčy, va offrir des rubans blancs, verts, jaunes et bleus à la divinité Üč-Kurbustan, avant d’inviter les participants à faire de même.

Elo, Sibérie du Sud, Russie, mai 2014 © C. Jacquemoud

Chanter des louanges

Pendant que les participants font leurs offrandes, un chanteur d’épopées kajčy, s’accompagnant de son luth tošpuur, fredonne en chant de gorge une mélopée qui lui est directement inspirée des esprits.

Elo, Sibérie du Sud, Russie, octobre 2014 © C. Jacquemoud

Rituel funéraire taoïste

Durant un rituel funéraire taoïste, après avoir convoqué les divinités, leur avoir annoncé le rituel et précisé qui est le défunt, une pétition est adressée aux Cieux. Elle est brûlée, puis sont également brûlées des représentations symboliques en papier : maison, argent et aujourd’hui lingots d’or, voitures et même téléphone portable destinées à accompagner le défunt dans l’autre monde. Les prêtres taoïstes, ici, en robes rituelles, chantent une litanie pendant que brûle de la monnaie d’offrande

Temple du Dieu de la Ville, Shanghai, Chine, août 2010 © M. Lebranchu

Pratiques funéraires chinoises en diaspora

Funérailles au cimetière parisien de Thiais d’un notable de la communauté chinoise installé en France. Plusieurs générations de la famille défilent en tenue de deuillants.

Thiais, France. Janvier 2015 © C. Gyss

Danse de lumière

Les colonnes d’une des salles de la mosquée Jâme d’Ispahan, en Iran.

Ispahan, Iran, décembre 2005  © C. Arminjon

Sanctuaire de Sayyida Zaynab

Damas, Syrie, octobre 2010 © C. Arminjon

Cathédrale de la Sainte Trinité en construction

Depuis les années 2000, en Tchoukotka, région située à l’extrême est de l’arctique russe, face à l’Alaska, on assiste à une « orthodoxisation » du territoire. Par l’édification de bâtiments ou de croix, dans des espaces parfois très reculés, est affirmée religieusement tout autant que politiquement l’appartenance de ce territoire à l’orthodoxie russe. La construction de la cathédrale de la Sainte Trinité sur la place centrale de la capitale de la région en 2004 a constitué une des premières étapes de cette démarche. Il s’agirait de la plus grande cathédrale orthodoxe en bois en activité au monde.

Tchoukotka, Russie, 2004 © V. Vaté

Le temple protestant de Papetoai

Le temple octogonal de Papetoai, construit en 1823 sur le site d’un marae (lieu de culte de la période pré-missionnaire), est le plus ancien temple en pierre d’Océanie. La paroisse de Papetoai, qui a joué un rôle pionnier dans l’évangélisation des îles de Polynésie, est aujourd’hui impliquée dans le renouveau culturel. L’église protestante mâ’ohi, héritière des sociétés missionnaires, est en effet, depuis les années 1980, engagée pour la protection de la langue, de la terre et de la culture polynésiennes. Ce militantisme culturel se traduit par des innovations liturgiques et le remplacement des éléments de la sainte cène (le pain et le vin) par des produits locaux (noix de coco, fruit de l’arbre à pain).

Moorea, Polynésie française, 2010 © G. Malogne-Fer

Free minaret

Manifestation pacifique à Fribourg, en Suisse, pour l’anniversaire des cinq ans après la votation sur l’interdiction des minarets. Le minaret gonflable est le même qui avait été inutilisé pour les précédentes manifestations, les drapeaux blancs sont un miroir renversée de ceux de DAESH, « pour montrer la différence » explique une manifestante.

Fribourg, novembre 2014 © D. Guidi

Tombeau de l’Homme-Lion

Le sanctuaire de Shirmard, situé sur le plateau de Marvdasht, au sud-est de la province iranienne du Fars, est lié à la tribu Qashqavi. Il accueille le corps d’un de leurs saints hommes, l’Homme-Lion (shirmard en persan), ce qui explique la présence de deux représentations de cet animal – un symbole puissant dans la culture persane – qui ornent son entrée.

Marvdasht, Fars, Iran, 2003 © P. Khosronejad

Mosquée de Saint-Pierre de la Réunion

Fondée en 1905 à la demande de musulmans indiens Gudjrati établis à l’île de la Réunion, la mosquée sunnite de St Pierre (Atyaboul Massadjid) a été reconstruite entre 1972 et 1975, sous la direction de Mr Hassen (Ahmed) Dindar et la surveillance de Mr Hassen Amode Omarjee, pour accueillir 1 200 fidèles pour la prière, et 2 500 pour la congrégation (station débout). Sa salle de prière de 625 m2 est surmontée de cinq dômes décorés. Le minaret, qui s’élève à 42 m au-dessus du sol, est le plus haut de France.

Île de la Réunion, mars 2011 © S. Fath

Temple indo-tamoul de Narassingua Perournal (île-de-la Réunion)

Temple indo-tamoul de Narassingua Perournal. Construit à l’île Saint-Pierre de la Réunion entre 1962 et 1972, le temple polychrome de Narassingua Perournal est le plus grand temple hindou du territoire français. Orné de plus d’un millier de statues réalisées par des ouvriers venus d’Inde, expression d’un univers religieux profondément polythéiste, il est organisé selon la tradition hindoue qui veut que le lieu de prière reflète l’image d’un corps étendu sur le dos.

Île de la Réunion, mars 201? © S. Fath

Lieu saint turkoman

Le complexe religieux (tombeau et cimetière) de Khalid Nabi, situé dans les collines Gokcheh Dagh du Turkmen Sahra, en Iran (nord-est de la province du Golestan, près de la frontière du Turkménistan), abrite, selon la tradition orale des Turkomans Yomut, la dépouille d’un prophète d’époque pré-islamique. Les Turkomans s’y rendent fréquemment en pèlerinage et visitent, à cette occasion, la sépulture voisine de son beau-fils appelé Ata Chofun, le Père-Berger.

Gokcheh Dagh, Turkmen Sahra, Iran, 1999 © P. Khosronejad

Regroupements de tombes chinoises

Une allée de tombes modernes chinoises dans le cimetière parisien de Thiais. Les monuments funéraires – de la simple tombe au quasi mausolée – sont constitués d’éléments modulaires : dalles, stèles surmontées de pagodons, parements décorés de motifs traditionnels gravés. Les diverses pièces de marbre sont extraites et sculptées en Chine, envoyées par containers et les monuments sont reconstitués au cimetière. Ce travail est pris en charge par des entreprises de pompes funèbres dont les responsables sont pour la plupart d’origine chinoise.

Thiais, France. Avril 2013 © C. Gyss

Le « Grand Tombeau »

Le terme gongbei (拱北), déformation de l’arabe qubba (coupole), a été introduit dans la langue chinoise par les musulmans Hui pour qualifier le mausolée d’un saint, souvent soufi. Un exemple suggestif est celui du « Grand Tombeau » (Da Gongbei), à Linxia, la Mecque chinoise, qui est lié à la confrérie soufie d’origine arabe Qâdiriyya. Le « Grand Tombeau » (1720) abrite la dépouille de Qi Jingyi (1656-1719), l’un des introducteurs de cette confrérie en Chine. Le mausolée trône au centre d’un vaste ensemble sacré qui accueille une salle de prière, une école coranique et d’autres bâtiments. Son style architectural croise ceux des Han, des Hui et des Tibétains et incarne un syncrétisme culturel religieux local.

Linxia, Gansu, juillet 2015 © J. Gao

Se protéger du « mauvais œil »

Nombre de façades de demeures juives sur l’île de Djerba, sont décorées de mains, de poissons et parfois de dessins d’yeux, censés écarter le « mauvais œil ». Ces représentations populaires, communes aux cultures juive et musulmane, sont le plus souvent agrémentées sur la façade d’une ménorah, chandelier à sept branches, symbole par excellence de l’identité juive.

Djerba, Tunisie, été 1994 © J. Laloum

Triptico del encuentro

Peinture originale (Tríptico del Encuentro) de l’artiste Al. Vivero lors de la troisième Rencontre internationale de cultures andines à Pasto en Colombie. Elle peut représenter de façon générique la rencontre entre une Europe médiévale et l’Abya Yala (les Amériques) à partir de 1492. Or, elle est susceptible d’une autre interprétation : l’arrivée de Cortés et son armée à Tenochtitlan (Méxique) qui, selon une légende populaire, fut mise en rapport, avec la prophétie du retour de Quetzalcoatl vers 1519.

Pasto, Colombie, août 2011 © E. Giraldo

Porte de deux cultures

Chez les Ouïgours des routes de la Soie, en République populaire de Chine, l’islam s’est, au fil des siècles, mêlé à la pensée chinoise et bouddhiste et a donné des systèmes de pensée, des pratiques rituelles et des formes architecturales syncrétiques. C’est le cas de la « porte de lune », élément caractéristique de la maison ou du temple chinois, qui est, ici, intégrée à un tombeau musulman dédié à un saint soufi.

Oasis de Turfan, Région autonome ouïgour du Xinjiang, 2011 © T. Zarcone

La vallée des Saints en Bretagne

La vallée des Saints à Carnoët, au centre de la Bretagne, illustre une nouvelle forme de visibilité et de revendication de l’héritage catholique breton, à mi-chemin entre la culture populaire bretonne, la démarche artistique et la promotion touristique de la région. La statue en granit de Saint-Corentin, du sculpteur d’origine indienne Seenu Shanmugam, fait partie des premières statues inaugurées en 2009. A terme, l’association à l’origine de ce projet prévoit d’accueillir sur le site 1 000 sculptures en granit breton.

Carnoët, Côtes d’Armor, 2011 © G. Malogne-Fer

Rite de fertilité mongol (1)

Phallus de pierre sur une colline à proximité du grand monastère d’Erdene zuu, province Övörkhangai, entouré d’écharpes votives.

Mongolie, juillet 2014 © I. Charleux

Abstractions

Etudiante d’école d’art en habit traditionnel devant une œuvre d’un artiste arabe présentée à la foire d’art contemporain d’Abu Dhabi.

Abu Dhabi, novembre 2014 © D. Guidi

Maître soufi

Le culte des Saints fait partie intégrante du soufisme : le cheikh vivant et son maître défunt sont toujours liés. Le jeudi après-midi, dans le quartier de Kasimpaşa, à Istanbul, se tient la cérémonie soufie du zikr (litanie répétitive) de la confrérie Halveti-Uşşaki. Avant de revêtir ses habits de cérémonie, le Maître rend visite au fondateur de son ordre qui repose, depuis le XVIe siècle, dans un immense sarcophage enveloppé de riches étoffes de couleur verte sur lesquelles sont calligraphiés des versets du Coran.

Istanbul, septembre 2014 © Q. Giroud

Femme juive de Djerba

Portrait de Khamsana Bchiri née Kabla (ZL), en tenue traditionnelle de femme mariée, photographiée dans la Hara kbira, le principal faubourg juif de l’île de Djerba. Celle-ci est revêtue de la fouta, pièce de tissu multicolore enveloppant la tête et le corps. Elle est coiffée de la r’bata, petit bonnet de satin rouge utilisé pour masquer la chevelure. En effet, en accord avec les préceptes rabbiniques, la femme mariée doit en signe de modestie se couvrir la tête, sa chevelure faisant partie de « sa nudité », c’est-à-dire ses atouts de sa séduction. L’époux de Khamsana, Yaacob Bchiri (ZL) était peïtan, le chanteur de la communauté djerbienne. Khamsana son épouse, excellait – avec grand dévouement – dans le maquillage des futures mariées.

Djerba, Tunisie, été 1994 © J. Laloum

Coexister

Affiche collée sur un mur de Paris, œuvre du « street artiste » Combo qui appelle à la tolérance interreligieuse : le croissant représente le C, l’étoile de David, le X et la croix, le T du verbe CoeXisTer.

Paris, mars 2015© T. Zarcone

Symboles

Quand la symbolique du croire côtoie celle du ne-pas-croire. Stèle funéraire, d’un franc-maçon libre-penseur, datée de 1886. L’appartenance maçonnique du défunt est symbolisée par l’équerre et le compas entrelacés, au centre d’une couronne de fleurs, surplombant un tablier qui renvoie à celui des bâtisseurs du temple de Salomon. Quant à l’incroyance du libre-penseur, elle est figurée par la colonne tronquée qui s’oppose à la colonne parfaite des catholiques.

Cimetière de Beaucaire, Gard, France, 2015© T. Zarcone

Un après-midi à l’Oratoire du Louvre

Les journées du patrimoine sont l’occasion pour les non-pratiquants de découvrir l’architecture des temples luthériens et réformés de Paris. L’Oratoire du Louvre, haut lieu du protestantisme libéral en France, était à l’origine une église catholique du XVIIe siècle avant d’être affectée au culte réformé en 1811. Ce bâtiment religieux, propriété de la mairie de Paris, est classé aux monuments historiques.

Paris, France, 2012 © G. Malogne-Fer

Une Marianne au décolleté conquérant

Mairie du IXe arrondissement de Marseille. Réalisé par Alain Aslan, ce buste officiel de Marianne, symbolisant la République française, a été créé en 1969. Il a pris l’actrice française Brigitte Bardot comme modèle. Réalisé en plâtre patiné, il illustre l’esprit des Sixties, marqué par la libération sexuelle et une image renouvelée de la féminité. République et féminisme se rejoindraient-elles ? Esthétique et symbolique s’entremêlent : le sévère bonnet phrygien passe quelque peu au second plan devant un décolleté féminin généreux et assumé.

Mairie du IXe arrondissement de Marseille, 23 décembre 2010 © S. Fath

La République et ses enfants

Si aucune image « autonome » ne s’impose comme figure de laïcité, il est vrai que la Marianne à bonnet phrygien incarne les valeurs républicaines dans leur dimension laïque. Laïcité comme attribut du principe républicain, symbole partagé entre l’évidence et l’ellipse : symbole de « la liberté pour la laïcité » et « figure de la République laïque ».

Vitrine d’une boutique d’antiquaire, quartier de Barbès, Paris, août 2015 © S. Pastorelli (et Eddy Dubois et Daniele Ferrari)

La religion pour musique

Comme certains sports, à commencer par le football ou le rugby, la musique peut être considérée comme une religion laïque. Elle a ses temples (on parle de scènes mythiques), ses officiants (chanteurs ou groupes musicaux parfois eux aussi mythifiés), ses rituels (les concerts), ses pèlerinages (Nashville pour les uns, la tombe de Claude François pour d’autres), ses dévotions (celles des fans), ses objets sacralisés (autographes, costume de scène portés). C’est ce que semble revendiquer ce jeune amateur de Metal, un style de rock apparu au Royaume-Uni et aux États-Unis à la fin des années 1960.

Station de métro « Invalides », RER C, Paris, septembre 2015 © M. Lebranchu

Voile de la beauté

Atatürk n’a pas interdit le voile des musulmanes mais le turban porté par les hommes de religion. Dans les années 1970, la multiplication des femmes voilées oblige les kémalistes à apparenter leur voile au turban et, au nom de la laïcité, à l’interdire à l’école, à l’université et dans les administrations, avant de laisser, dans les années 1990, aux présidents des universités le choix de l’autoriser ou de le prohiber. En 2013, avec Tayyib Erdoğan, le port du voile n’est plus réglementé. Sur la photographie, une jeune femme voilée est assise aux pieds d’un arbre couvert de verreries porte-bonheur (boncuk)

Cappadoce, Turquie, mai 2015 © T. Zarcone

Exposition de photographies organisée par le Groupe Sociétés Religions Laïcités

 Centre National de la Recherche Scientifique 2015

Cette exposition de photographies est construite autour des documents visuels rapportés par les chercheurs du GSRL de leurs missions sur le terrain (Chine, Moyen et Proche-Orient, Afrique, Sibérie, Mongolie, Europe, Amérique du Nord, Océanie).

Autres expositions

 

Ruolt, Anne, « Protestantisme et éducation : 500 ans d’histoire » 20 panneaux d’expositions dans le cadre de l’exposition : « Expo BTF 500, Bible et Transmission de la foi 500 ans de Réformes protestantes », dirigée par Sébastien Fath, juillet 2017.

 

Jacquemoud, Clément : organisation de l’exposition « Le chamanisme de Sibérie » à la bibliothèque de l’École de Culture Générale Henry-Dunant (Genève – Suisse), octobre-novembre 2016.

 

Jacquemoud, Clément : exposition de photographies de l’Altaï à la bibliothèque Pierre Goy d’Annemasse, janvier 2016.

 

Lambert, Jean-Luc, participation à l’organisation de l’exposition « catalogue de l’exposition Esthétiques de l’Amour – Sibérie extrême orientale », Musée du quai Branly, du 3 novembre 2015 au 17 janvier 2016, et articles et notices dans le catalogue sous la direction de Daria Cevoli, Flammarion/Musée du quai Branly, pp. 134-142, 2015.

 

Bourdeaux, Pascal, « Introduction à la civilisation vietnamienne » ; « Le Vietnam méridional et sa civilisation fluviale » in Objectif Vietnam. Photographies de l’École française d’Extrême-Orient (catalogue d’exposition), Paris, éditions Paris Musées, 2014, p. 89-90 & 168-169.

 

Ruolt, Anne, « Pourquoi les Écoles du dimanche en France au XIXe siècle ? Une autre façon d’être protestant et laïc en France », Exposition Sur le chemin de la laïcité … les protestants et l’école, Hôtel de ville d’Orthez, Musée Jeanne d’Albret, 29 avril 2014.

 

Delecroix, Vincent, « Les dieux des religions anciennes, le désordre des dieux sauvages », catalogue de l’exposition Les maîtres du désordre, RMN-Quai Branly, 2012.

 

Assan Valérie, « ‘Civilisation – Religion’ : les consistoires israélites (1845-1908) » in Anne-Hélène Hoog (dir.), Juifs d’Algérie, Catalogue de l’exposition présentée au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (sept. 2012- janv. 2013), Paris, Skira Flammarion, 2012, pp. 83-97.

 

Charleux Isabelle (dir.), La Mongolie entre deux ères / Mongolia between two eras, catalogue bilingue de l’exposition éponyme, musée et jardins Albert-Khan, 28 novembre 2011-16 septembre 2012, Boulogne Billancourt, Albert-Khan, musée et jardins, 2012.