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État et société face à la diversité culturelle et religieuse

 

Programme du GSRL pour la période 2014-2018

Responsables : Philippe Portier & Jean-Paul Willaime

 

Nous choisissons de parler de « diversité culturelle et religieuse » afin d’interroger l’évolution des termes dans les usages sociaux et analyser comment les acteurs religieux et politiques perçoivent et construisent les différences. En parlant de « diversité culturelle et religieuse », nous voulons aussi interroger les relations complexes et variables entre culture et religions, des cultures nationales et régionales ayant des dimensions religieuses et les traditions religieuses elles-mêmes constituant des cultures se modulant de façon très diverse selon les contextes. 

 

Champs d’investigation

 

Après avoir développé une réflexion générale, de nature philosophique et sociologique, sur le concept de diversité, notre travail s’organisera autour de trois grands axes, en étroite relation les uns avec les autres.

 

    1. Institutions étatiques et diversité La mise en place d’une nouvelle coopération franco-américaine avec l’Université d’État de Virginie nous permettra d’étudier les relations entre démocratie et religion, plus particulièrement les régulations nationales et locales de la diversité religieuse dans les sociétés démocratiques. Profitant de cette nouvelle coopération franco-américaine, nous voulons intensifier les analyses comparatives entre la France et les États-Unis, deux pays qui, tout en étant l’un et l’autre caractérisés par une rigoureuse séparation des Églises et de l’État, connaissent des situations socioreligieuses contrastées. Tirant partie du bilan des travaux de 2010-2013 et en accentuant les analyses comparées avec des sociétés de diverses aires culturelles, nous souhaitons reprendre à bras le corps la question de la sécularisation pour nous positionner dans le débat international renouvelé sur ce paradigme très discuté. Les discussions et échanges déjà engagés avec nos collègues asiatisants du GSRL sont en ce sens très prometteurs. Élargissement géographique et approfondissement théorique sont donc à l’agenda du prochain quinquennal. Cette investigation, conformément à notre méthode d’appréhension des réalités socioreligieuses, se mènera à plusieurs niveaux. Il s’agira de considérer les représentations philosophiques en cours dans les pays que nous soumettrons à l’analyse. On entend aussi prendre en compte les mobilisations sociales qui ont porté le principe de reconnaissance de la diversité, ou qui y font obstacle. Il s’agira enfin d’analyser les politiques publiques de la diversité, au plan national comme au plan local, en les soumettant à la double hypothèse des modernités plurielle et convergente. On verra, dans ce contexte, comment la thématique du religieux se trouve, aujourd’hui, souvent réinvestie dans les opérations de recomposition de l’identité nationale ou de « religion civile ».

 

    1. Communautés religieuses et diversité On entend aussi travailler sur l’attitude des différentes communautés de croyances vis-à-vis des questions relatives à la diversité. Les travaux de Yannick Fer sur les communautés protestantes en Île-de-France, pour l’étude desquelles il a obtenu une subvention de la Ville de Paris dans le cadre du programme Paris 2030, fourniront un substrat utile. Ils seront complétés par des investigations sur d’autres terrains, notamment catholiques, juifs et musulmans. Nous y ajouterons des analyses sur les familles convictionnelles laïques, deux de nos doctorants et une post-doctorante se trouvant engagés sur ce champ. Cet axe vise à interroger les évolutions de la société civile sur moyenne période, à partir de ses segments mobilisés. Ce travail sera conduit à trois niveaux essentiels. On analysera d’abord les représentations des différents mondes religieux et convictionnels vis-à-vis de la diversité religieuse et culturelle. On verra aussi comment ces mondes gèrent leur propre diversité interne. On envisagera enfin les modalités de dialogue que développent entre elles les diverses communautés de croyances, et les répertoires d’action qu’elles mettent en œuvre pour peser sur les politiques publiques. Cette investigation ne sera pas exempte d’une interrogation sur les relations qui se sont nouées au cours des dernières décennies entre les autorités politiques et les forces religieuses. On appuiera nos investigations sur la mise à l’épreuve du paradigme néo-corporatiste qu’utilisent aujourd’hui plusieurs chercheurs (Portier, Lawrence) pour penser l’articulation contemporaine du politique et du religieux.

 

  1. Organisations internationales et diversité Un troisième champ, trop peu abordé jusqu’alors au GSRL, viendra compléter le dispositif de recherche : on s’arrêtera, en lien avec le processus de mondialisation, sur le rôle des institutions et organisations religieuses dans la construction et la gestion de la diversité religieuse. Plusieurs thématiques seront ici privilégiées. On s’arrêtera, d’une part, sur les productions normatives des organisations internationales, dont on sait qu’elles ont beaucoup contribué à fonder le concept de diversité. On s’arrêtera aussi sur les mécanismes de dialogue mis en place par les organisations internationales qui associent volontiers désormais les forces religieuses à leurs propres réflexions.

À la jointure des trois axes à l’instant envisagés, on continuera de développer, à travers les relations régulières entretenues avec l’IESR, les recherches sur école et diversité culturelle et religieuse, envisagées à l’échelle européenne.

 

 

Colloques et journées d’étude

 

  • Colloque avec le CERI : « Le religieux entre global et local » (Ph. Portier), 22 septembre 2017.
  • Colloque « Médias et religions », GSRL, 24 mars 2016 (Lancien, Lévy, Petit, doctorantes)
  • Colloque « Les oscillations du croire » (A. Bellio, A. Piettre, J. Remoiville, post-doctorants, en lien avec le programme Asie), 13 décembre 2016.
  • Colloque « Religions et violences », GSRL, 13 mai 2014 (D. Campo, S. Teinturier, en lien avec le programme Asie, post-doctorants).
  • Colloque « Droits de l’homme et religions dans l’action extérieure de la France », MAE-GSRL, 21 mai 2014 (V. Zuber).
  • Colloque « Religion et relations internationales », GSRL-CERI-Ministère Affaires Etrangères, Sciences Po Paris, novembre 2013 (J.-P. Willaime).
  • Colloque « Laïcités. Défis et reconfigurations », novembre 2013, GSRL, (J. Baubérot, Ph. Portier).

 

 

Séminaires et réunions de programme

2017

  • Julia Martinez-Arinô Max Planck Institute, Université de Göttingen, « La gestion locale de la diversité religieuse. Analyse comparée de plusieurs villes », le 24 janvier 2017 ;
  • Louis-Léon Christians, « L’enseignement de la morale dans les écoles publiques belges », le 22 février 2017 ;
  • Rolf Schieder (Université de Berlin) et Sylvie Toscer-Angot, le 28 septembre 2017 ;

  • Patrice Rolland et Daniele Ferrari (Université de Sienne), « Neutralité et droit », le 10 novembre 2017.

 

2016

  • Martin Meunier (Université d’Ottawa), directeur d’études invité à l’EPHE en février-mars 2016, 4 conférences sur « Religions et sécularisation dans l’aire euro-américaine » ;
  • Philippe Gaudin, Philippe Portier, Jean-Paul Willaime, « La gestion locale de la diversité religieuse», 8 mars 2016 ;
  • Graziana Lingua (Université de Turin), « Débats contemporains autour de la sécularisation »., le 2 juin 2016.

 

2015

  • Yves Bizeul (Université de Rostock), « État, migrations et religion en Allemagne : la gestion locale de la diversité religieuse en Allemagne », le 6 février 2015 ;
  • Dominique Schnapper (EHESS), « L’esprit démocratique des lois » le 5 mars 2015 ;
  • Matthias Koenig (Université de Göttingen), directeur d’études invité à l’EPHE en mars 2015, 4 conférences sur « Religion (s) et intégration des immigrés dans les sociétés européennes » ;

 

2014

  • Roberto Blancarte, directeur d’études invité à l’EPHE en janvier-février 2014, 4 conférences sur « Les régimes de laïcité en Amérique latine » ;
  • Martin Meunier (Université d’Ottawa) et Jean-François Laniel (UQAM) : « La charte de la laïcité au Québec » le 30 avril 2014 ;
  • Karsten Lehmann (Université de Vienne) : « Organisations internationales et religions », le 12 décembre 2014.

 

2013

  • Ilan Greilsammer (Université de bar Ilan), directeur d’études invité à l’EPHE en mars 2013, 4 conférences sur « Religion (s) et politique en Israël » ;
  • Patrice Rolland (Université de Paris-Est-Créteil, GLSRL) : « Privé/Public » le 24 octobre 2013 ;
  • Catherine Grémion, « Politiques urbaines et cultes » le 19 décembre 2013.