Le colloque « Normes religieuses à l’épreuve des mutations de genre, 19e-21e siècles », coorganisé par Florence Rochefort et Maria-Eleonora Sanna se tiendra les 30-31 mai 2012 sur le site Pouchet.

Argumentaire

 

Les enseignements religieux ont placé les définitions de « féminin » et « masculin » et les catégories de « sexe » au cœur des conceptions normatives des relations humaines et des comportements à prescrire. L’étroite relation du genre avec la représentation des origines humaines, de la filiation, de la génération, de la nature, de l’altérité et des sexualités, en fait un pivot civilisationnel majeur et un axe privilégié d’une pensée du devoir, de l’agir, du licite et de l’illicite. Les normes religieuses de genre prennent à la fois la forme de pouvoir discursif et de représentations et celle d’une discipline des corps. Elles ne sont pas forcément perçues comme des contraintes, elles sont aussi portées par l’aspiration des individus ou de groupe d’individus à se conformer à une règle de vie. Malgré l’apparente immobilité qu’elles confèrent aux principes de féminin et de masculin, les normes religieuses de genre n’en évoluent pas moins et sont confrontées aux mutations de genre. Ont ainsi été remises en cause les conceptions d’un ordre divin ou naturel, d’un « ordre symbolique » ou encore d’une « anthropologie des sexes ». Les normativités religieuses sont confrontées à des revendications égalitaires, à des modes de transgression et de subjectivation, notamment des femmes ou des sexualités minorisées au sein d’un univers de sens androcentré et hétéronormé. Les capacités d’agir (agency) des individu-e-s contribuent également à faire émerger une pluralité de normes alternatives. Ce colloque, organisé par le programme Genre religion laïcités du GSRL, Groupe Sociétés Religions Laïcités (EPHE/CNRS) dirigé par Florence Rochefort, vise à interroger les capacités de résistance aux changements des mondes religieux autant que leur potentiel d’adaptation à des modèles alternatifs ou concurrentiels, dans des contextes de sécularisation, de laïcisation ou de dé-sécularisation. 

 

Programme du colloque